Batailles Aériennes n°47 - janvier 2009 Opération Paula Juin 1940
Le 3 juin 1940 : La Luftwaffe bombarde Paris !
Pour 12,50 €, les lecteurs vont pouvoir bénéficier d’un fascicule de 88 pages (dont 4 pages de pubs, et 8 pages de catalogue Lela Presse , Grrrr !).
Sans hésiter, ce travail monumental sur une opération rarement traitée, et pourtant essentielle pour la compréhension des opérations aériennes stratégiques au cours de la Seconde guerre mondiale, est un des rares et vrais coup de cœur de ce début d’année !
Le travail de fond est irréprochable, et complet (ce qui est malheureusement exceptionnel dans les publications spécialisées).
Tous les aspects des opérations sont détaillés, y compris la DCA avec un luxe de détails exhaustifs et de récapitulatifs.
Le texte est présenté de manière logique avec :
- Prélude à la bataille
- Effectif de l’Armée de l’Air
- Enigma : ce que les français savaient
- La DCA parisienne
- Les batteries de 90mm de Marine
- 3 juin au matin : l’attente
- Les opérations aériennes autour de Paris
- Journal de marche du GC 1/6
- Interception de retour
- Une DCA impuissante
- Les bombardements
- Bilan des combats aériens
L'opération "Paula" montée début juin 40 par la Luftwaffe pour terrasser l'Armée de l'Air française a été décryptée assez vite, et a donné lieu à la conception d'une opération destinée à la contrer, l'opération "Tapir". Qui le savait avant de lire ce numéro ? hein ? pas moi en tout cas....
La conclusion de l’auteur extrêmement fouillée et représente ce que l’on est en droit d’attendre en 2009 de tous les articles ou textes sur des opérations militaires aussi anciennes, et dont les archives sont globalement disponibles (mais si rarement exploitées).
Et surtout, l’auteur se « mouille » : les gradés et officiers supérieurs en prennent pour leur grade, ce qui est mérité, légitime, et démontre une lucidité de bon aloi. Quel dommage que les auteurs de textes sur les opérations terrestres n’aient pas le courage d’aller aussi loin dans l’analyse, et se contentent de remettre aux goûts du jour, les clichés de la propagande de Daladier...
L’iconographie est très riche et originale, dépassant les sempiternelles photos BA ou ECPAD (ou NARA ou IWM), pour nous offrir de nombreux clichés tirés de collections privées, toujours rares et émouvants.
Certes, quelques clichés sont carrément « flous », mais bon.
En revanche, si le fond est proche de la perfection, la forme reste désuète, la présentation des textes, les quelques (trop) rares cartes représentant le « nec plus ultra » du graphisme du début des années 90…. Les tableaux sont particulièrement laids.
D'une manière générale, le graphisme de cette revue est un des plus pauvres et des moins novateurs.
Bref, si ce fascicule est un « must », c’est surtout par son contenu et la pertinence de ses textes, car ce n’est pas un « bel objet ». C’est regrettable quand on voit ce que d’autres maisons d’édition sont capables de faire (sur des textes moins bons).
De même, seules 3 cartes sont mentionnées (faut dire que c'est en France, donc le lecteur est censé connaître je présume...), et cela manque, surtout que la carte page 11 est illisible. S'y ajoute un schéma de l'organisation de la DCA (depuis le réseau de guet jusqu'au batteries), totalement incompréhensible (disons que si l'intention des concepteurs est de faire comprendre au lecteur la complexité du dispositif, c'est gagné !). Il aurait gagné à être présenté différemment, bref à être plus "travaillé" graphiquement.
mais ces quelques défauts, non rédhibitoires ne doivent pas vous détourner d'un fascicule de très grande qualité, et qui devrait montrer la voie sur ce qui comblera le lecteur. Même les opérations archi-rabattues (qui a dit Koursk ?.... J'ai entendu Falaise aussi ?) mériteraient un tel traitement de fond, qui fait réellement avancer les choses, et donne l'impression au lecteur d'être plus intelligent à la fin de sa lecture (j'ai pas dit intelligent tout court, faut pas déconner non plus...)