2eme guerre mondiale Thématique n°15 janvier 2009

Publié le par quentin



Pour 6,95 €, nous avons donc un « Thématique » (désolé mais je n’arrive pas à comprendre ce que ça change avec les Hors-séries, surtout que cette revue a aussi un numéro normal et un Hors-série). De 82 pages sur « Götterdammerung, le Crépuscule des Dieux » qui traite donc en fait de la chute du IIIème Reich en 1945, avec 4 pages de pubs « maison ».

Bon, soyons honnête, s’il m’arrive de vilipender tel ou tel numéro des revues H&C, Caraktere ou Heimdal, je les apprécie tout de même, car il s’agit de publications de professionnels, qui m’ont parfois apporté beaucoup de plaisir, outre les infos ou analyses nouvelles ou innovantes .

En ce qui concerne 2ème Guerre Mondiale Magazine des éditions Astrolabe, j’ai plus de mal, tant cette revue me paraît être le signe d’un amateurisme (désolé je n’ai pas d’autre mot pour le manque de professionnalisme) sur la forme, comme le fond. Or ce Thématique n°15 ne fait que confirmer mon jugement, et j’en viens (ce qui est rare malgré mes critiques saignantes) même à regretter mon achat (6,95 € c’est plus qu’un B&B ou GBM…).

Ce thématique se présente sous la forme d’études générales, sans édito, ni présentation, qui traitent des thèmes suivants :

-          La campagne d’Allemagne (1945 à l’Ouest)

-          La fin de la guerre en Italie

-          Der Ivan kommt : la dernière campagne à l’Est

-          La bataille de Berlin : « Götterdammerung, le Crépuscule des Dieux »

Or, disons-le tout net, la lecture de ce « Thématique » n’apporte absolument rien de nouveau à un lecteur, qui trouvera l’équivalent sur Wikipédia ou ailleurs sur le net.

Les cartes sont indigentes et illisibles (impossible de suivre les mouvements décrits dans les textes), les ordres de bataille inutilisables pour un Wargamer, et incorrects (les effectifs des divisions allemandes devaient quand même grandement varier non ?) et surtout les auteurs ne donnent aucune analyse ou info nouvelle, voire passent sous silence des éléments essentiels à la compréhension des opérations (j’avais commencé à faire une liste d’exemples, puis c’est devenu trop long, donc grosso modo, le niveau de détail est irrégulier, et nuit à la qualité de l’exposé qui reste purement descriptif – je tiens la liste détaillées des omissions à la disposition de qui serait intéressé…).

L’analyse des informations données par l’éditeur lui-même montre que Astrolable (nom de la maison d’édition) a 3 collaborateurs (plus un traducteur qui écrit chez un concurrent, vous suivez ? moi non plus…) qui ont écrit ces textes en compulsant  leur bibliothèque (la biblio de l’article sur Berlin est savoureuse, tout est en italien à une exception près… souvent des traductions de traductions…).

Certes c’est bien écrit et cela se lit vite, mais l’intérêt de cette énième publication ?

Quant à l’iconographie, les DR (j’ai horreur des « DR » !!!!), alternent les « US Army via Archives de guerre » et les « TRH Pictures » (vue la richesse des clichés issus de ce dernier fond iconographique, je me demande comment se fait-il qu’il ne soit cité que dans cette revue…). Les photos sont parfois carrément floues et « pourries », légendées de manière très succincte, et j’en ai retrouvé pas mal sur le net (forums étrangers).                                

Bref, vous aurez compris que l’on ne peut pas être satisfait d’une telle publication, surtout à un prix supérieur à ce qui se fait ailleurs en mieux.

Plutôt que de m’étendre sur les défauts de ce thématique,  je vais donc énumérer les éléments positifs : un exposé synthétique et agréable à lire (même si une carte pour suivre aurait été mieux), peu de développements sur les sempiternels exactions en Allemagne de l’Est (c’est marrant comme les viols des allemandes par les soldats de l’Armée Rouge font d’habitude l’objet de nombreux détails scabreux et pas toujours vérifiés, tandis que les exactions de la Wehrmacht durant Barbarossa sont rarement évoquées avec un tel luxe…), Bad Reichenhall est traité très brièvement (c’est déjà trop, l’attrait pour ces 11 pauvres types perdus me fascinent, à une date où l’Europe est à feu et à sang et où les morts innocentes se comptent par centaine de milliers…), et surtout quelques développement sur les tactiques, qui auraient gagné à être plus approfondis. Enfin, un autre point positif est la tonalité générale du texte que j’ai bien aimé (Ok, je suis de mauvaise foi, c’est parce que je partage ces positions)  : les Alliés ont bien fait de s’arrêter sur l’Elbe et la bataille de Berlin était inutile (mais pas de vraies explications, ni analyses pour autant…).

Mais le reste n’apporte rien de nouveau : pas d’analyse nouvelle, aucune perspective ni point de vue critique sur des opérations qui restent fascinantes (pas d’intro ni de conclusions générales). C’est ainsi par exemple que l’on ne saura pas à la lecture de ce thématique ce qui a motivé ces hommes à se faire tuer alors que la fin de la guerre proche (dans les deux camps d’ailleurs)…  On ne connaîtra pas non plus les circonstances qui ont amené les soldats allemands à se rendre avec quelques jours d’avance en Italie, ni des précisions sur la dernière offensive en Hongrie (objectifs, moyens, causes de l’échec, conséquences…) etc…..

Pour conclure, ce Thématique écrit à 3 fait vraiment l’impression d’une recension des lectures des trois auteurs (notez que le rédac’ chef s’est aussi mis dans la «rédaction » , pour faire nombre ?).

Donc pour ne pas accabler les éditions Astrolabe, je vous propose d’oublier rapidement ce Thématique et de passer à leur prochaine publication en espérant un réel effort sur les textes et l’iconographie…

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Publié dans 2eme guerre mondiale

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